Aux questions posées en décembre 2021 :
- pouvez-vous nous indiquer ce qui s’est passé pour vous après votre BTS ?
- vers quelles formations, quelles professions, vous êtes-vous dirigé·es ?,
voici la réponse de
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Personnellement je suis actuellement au Canada dans la province de Québec au CÉGEP de Rivière-du-Loup (décision prise suite à une conférence organisée par Monsieur San Juan) et j'ai pu partir avec Élodie Facon également de la promo BTSMN de l'année dernière. Nous sommes ici pour valider un diplôme équivalence BAC+3 : le DEC (Diplôme d'Études Collégial) toujours en graphisme, parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne n'est-ce-pas?
La formation ici est vraiment super enrichissante j'ai déjà énormément appris en l'espace de trois mois et je suis reconnaissante de sortir de l'É.S.AA.T car cela m'a permis de développer mon cerveau créatif et conceptuel là où au Québec on nous enseigne vraiment de la technique pure (tels que les dossiers techniques, les documents prêts pour un imprimeur, les normes typographiques, etc.) afin d'être totalement opérationnel pour le monde professionnel. Ce sont deux approches très différentes et complémentaires. L'approche du design aussi est très différente, les tendances et courants que nous avons appris en France sont différents de ceux d'ici et c'est très intéressant de s'adapter aux tendances qui fonctionnent ici en challengeant ce qu'on sait qui fonctionne en Europe. J'ai eu plusieurs fois la remarque du « Alors c'est une bonne idée mais je pense que c'est une problématique trop européenne » et c'est fascinant je trouve d'ouvrir une toute nouvelle perspective de vision sur le monde et sur notre domaine professionnel.
Concernant le rythme : c'est très soutenu. Considérant qu'on intègre la formation en troisième année (car deux ans de BTS avant) l'école fait des équivalences de cours selon notre passé scolaire (ex : MN ou MI, les notes au Bac/BTS, etc.) et on se retrouve à rattraper certains cours de deuxième année en plus de tous ceux déjà obligatoires en dernière année. Cependant les professeurs sont très compréhensifs, informés et efficaces concernant les questions de difficultés mentales telles que l'anxiété, le stress, l'isolement, ou plus grave comme la dépression et l'école dispose d'un service psycho social gratuit pour pallier ce genre de problèmes (surtout pour les étudiants internationaux pour qui ça peut devenir très compliqué d'être déracinés). On a très peu de temps libre car le rythme est vraiment soutenu mais on a deux semaines de césure (hors vacances) dans l'année (une en octobre et une en mars) pour rattraper notre éventuel retard dans certains cours ainsi qu'une semaine de workshop pluri-disciplinaire avec toutes les sections de design en novembre qui permettent de relâcher un peu la pression.
L'ambiance ici est globalement très agréable même si on sent quand même une barrière de culture notamment concernant la réception des critiques. Là où en France nous sommes habitués à voir notre travail remis en question de façon honnête et franche on s'est vite rendus compte qu'ici une telle approche était impossible car trop frontale et trop peu diplomatique pour la culture nord américaine.
Pour conclure, je ne regrette absolument pas d'avoir fait le choix de faire un an à l'étranger. C'est vraiment une opportunité immense qui permet de réellement s'ouvrir l'esprit tant personnellement que sur le plan professionnel, on découvre une nouvelle culture finalement assez différente de la nôtre, de nouveaux paysages et une nouvelle approche du design et du monde du travail. Par contre, si je peux donner un conseil aux futurs étudiants qui souhaiteraient tenter l'aventure: il faut s'y prendre TRÈS TÔT pour les papiers! Les services d'immigrations canadien et français sont très méticuleux et les délais d'attente pour chaque papier et démarches peuvent être très très long, surtout avec les mesures covid. Alors pour éviter le stress qu'on a vécu avec Élodie, réfléchissez-y en amont et mettez vous à fond dans les démarches administratives dès que votre décision est arrêtée. Par exemple, le début des cours se faisait le 23 août 2021 et je n'ai pu entrer sur le territoire canadien que le 15 septembre à cause du délai d'attente pour obtenir mon permis d'étude.
Mais malgré ces petits désagréments et gros stress avant le départ ça vaut vraiment le coup et je le conseille vraiment !
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