Aux questions posées en décembre 2024 :
- pouvez-vous nous indiquer ce qui s’est passé pour vous après votre DNMADe ?
- vers quelles formations, quelles professions, vous êtes-vous dirigé·es ?,
voici la réponse de
Baptiste Sagot
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Je suis donc en DSAA Design Graphique Narration multimédia au Lycée Jacques Prévert à Boulogne Billancourt.
La formation aborde le graphisme par le prisme de la narration sous toutes ses formes (dans le cinéma, dans la littérature, dans le design…). Je recommande cette formation pour tous ceux qui s’intéressent donc à la narration : on a des cours de cinéma à la fois théoriques mais aussi pratiques où l’on doit faire des mini-films (4h / semaine), on a des cours de littérature orientés écriture créative, des cours de photos (4h / semaine), et bien sûr les cours de projets, d’expression plastique, d’outil et langage numériques et des cours théoriques sur la narration et le design.
La formation a deux partenariat récurrents depuis plusieurs années : l’un avec la fondation Louis Vuitton et l’autre avec l’OCE qui consistent dans les deux cas à faire des supports de médiations (dans les deux cas se sont des « vraies commandes » : l’un exposé dans la fondation lors d’une exposition et l’autre uploadé sur une plateforme en ligne après rencontre avec des collégiens).
Dans les plus je mettrais :
- - le matériel, qui est très fourni : très bonne (toute neuve) imprimante, risographie, sérigraphie, découpeuse laser, traceur, très bons appareils photos avec flash, gélatines, « giraffe », casques vr (méta quest 3 !), Arduino, Kinect, casque neuronal, tablettes graphiques, imprimantes 3D caméras de cinéma, perches sons… ;
- - les projets concrets ;
- - beaucoup de partenariats, de sorties, de workshops, d’intervenants et même un voyage ;
- - une très bonne équipe enseignante bienveillante et attentive de nos retours ;
- - une expérimentation de pleins de logiciels ;
- - des cours conséquents de modélisation 3D avec un professeur qui s’y connait très bien ;
- - l’accompagnement pour le mémoire et le projet semble très bien ;
- - des travaux en groupes.
Dans les moins je mettrais :
- - l’accès au matériel. Il faut payer environ 35 euros pour 100 copies couleurs et 300 noir et blancs (rechargeable). Le plus gros du matériel ( imprimante, découpe laser, sérigraphie, risographie) se trouve dans une salle à part fermée sous clé qu’il faut constamment aller chercher auprès des professeurs, empêchant d’imprimer quand bon nous semble et nous limitant dans nos projets parfois ;
- - c’est moins libre qu’à l’ÉSAAT, il faut parfois réserver le matériel élémentaire (comme l’imprimante) si on veut l’utiliser. On a pas de salle d’atelier à proprement parler qui nous est attribuée, on varie donc entre plusieurs salles qui n’ont donc pas accès à l’imprimante. C’est assez embêtant de trouver une salle pour travailler pendant les heures de trous car il faut demander une clé à la loge ou un professeur, et nos salles sont souvent occupées par d’autres classes en dehors de nos cours ;
- - un rythme au début déboussolant : on a passé environ un mois de cours théoriques, introductifs avant de faire de la création graphique. Globalement, j’ai l’impression que sur certains projets on passe plus de temps à introduire le sujet qu’à y travailler ;
- - on voit beaucoup de logiciels différents mais peut-être un peu trop vite ;
- - même si je n’ai pas l’impression d’être trop débordé, tout s’enchaîne très vite et je trouve qu’on a pas trop de temps pour la recherche et l’expérimentation. On est toujours en rush par rapport à la prochaine intervention, le prochain partenariat, le prochain workshop… ;
- - partager le lycée avec des lycéens (bac général) c’est aussi un inconvénient ! Même si on a notre propre carte pour entrer et sortir plus ou moins librement de l’établissement, on est parfois traités comme des lycéens par le personnel ! ;
- - un peu trop de travaux de groupes en 1ère année, je n'ai presque pas de travaux individuels.
Globalement je dirais que c’est une très bonne formation pour les supports connectés : pour l’instant on a pu faire de la réalité augmentée sur Unity, on fait un jeu « hybride » (mi jeu vidéo, mi jeu de société) sur UPBGE. On a des cours très fournis sur Blender, et prochainement un workshop Arduino et un workshop AR. On fait également du Twine et un peu de Processing en 2ème année. Il y a également un workshop récurrent (chaque année de DSAA 1) sur des éditions augmentées (cette année exposées au salon PAGE).
Je dirais que la formation a plus une culture illustration que graphisme à proprement parler (cela vient plus des étudiants que des professeurs, c’était également le cas pour les deux promos précédentes). Mais globalement je dirais que chacun trouve sa place (que ce soit supports connectés ou multi supports) grâce à la grande liberté que l’on nous laisse sur les projets.
Dernière remarque, je dirais que c’est une très bonne formation pour ceux qui aiment les jeux vidéos ou le cinéma comme moi ! Apparemment plusieurs étudiants ont continué le DSAA avec une alternance jeux vidéo aux Gobelins…
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