Conclu-
sion

Le mème se révèle être un objet graphique paradoxal. N'est-ce pas paradoxal de voir qu'une production cultivant l'imparfait et le refus de l'institutionnalisation puisse s'imposer comme un langage aussi standardisé ? Malgré une apparence simple ou imparfaite, il se déploie par des codes particuliers. Le mème parvient à s'imposer comme un nouveau langage, utilisé jusque dans les groupes WhatsApp d'entreprise30Note sur étude de cas Simpson....

Son langage graphique repose sur une grammaire visuelle standardisée qui facilite sa propagation : plus les formats sont reconnaissables, plus ils circulent. L'esthétique de l'imparfait devient une signature d'authenticité, un refus de l'institutionnalisation qui rassemble des communautés autour de codes partagés.

Sa logique de réappropriation valorise la transformation sur l'originalité. Le mème « se définit par ce qui se maintient quand du même est produit » : une matrice stable qui invite à la variation infinie. Benjamin nous a montré comment la reproductibilité technique transforme notre rapport aux images. Le mème radicalise ce processus : l'aura ne réside plus dans l'œuvre unique, mais dans l'épaisseur des transformations.

Entre divertissement pascalien et critique sans manifeste, le mème oscille. Il capte l'attention dans le flux anxiogène, offrant un répit absurde. Mais il devient aussi véhicule d'opinion, outil de résistance pour ceux qui n'ont pas accès aux médias dominants.

Le mème devient ainsi un objet d'étude pour comprendre comment un langage visuel apparemment simple peut transformer la circulation en valeur créative et permettre l'expression collective autant que la critique sociale. Car c'est précisément dans ce flux, cette réplication, cette propagation virale que réside le sens profond du mème : un phénomène où la valeur naît non pas de l'unicité, mais de la multiplication et de la transformation collective.

30.

Note sur étude de cas Simpson et le licenciement d'un employé pour avoir utilisé un mème.