par Elyse Hain
1. Quelles sont vos méthodes pour trouver l’inspiration ?
Je m’inspire beaucoup de ce qui a été fait les années précédentes, que ce soit par d’autres photographes ou dans mon propre travail. Je regarde ce qui a fonctionné sur Instagram, comment certains créatifs ont interprété un circuit ou un contexte, puis je revisite aussi mes images des saisons passées. Cela me permet d’identifier des pistes nouvelles, d’éviter de me répéter et de chercher une évolution dans mon approche.
2. Sauriez-vous décrire votre style photographique en quelques mots ?
Je dirais que mon style est très coloré, graphique et expressif. J’aime jouer avec la lumière, les contrastes, les compositions minimalistes et les filés pour créer quelque chose d’immersif. Mon objectif est de proposer une vision moderne de la photo automobile, où la couleur et la mise en scène deviennent presque un langage visuel à part entière.
3. Que souhaitez-vous transmettre à travers vos photos ?
J’essaie avant tout de transmettre une émotion. La joie, la tension, le spectacle, mais aussi la beauté d’un instant. La couleur m’aide beaucoup à donner de la vie à mes images, et j’aime que chaque photo reflète un moment vrai, presque instinctif.
4. Selon vous, la même voiture peut-elle exprimer différentes émotions selon la prise de vue, l’environnement ou les couleurs ?
Évidemment. C’est même l’essence du travail journalistique et artistique. Une voiture photographiée à Monaco ne raconte pas du tout la même histoire que la même voiture captée à Jeddah. Le décor, la lumière, la vitesse, les couleurs du circuit, l’ambiance… tout cela transforme l’émotion que l’image renvoie.
5. Comment construisez-vous la narration visuelle autour d’un véhicule ?
Je pars toujours de ce qui m’entoure. Le circuit, le virage, la lumière, l’ambiance générale. Ensuite je décide si je veux raconter quelque chose de très journalistique, en intégrant le décor et le contexte, ou si je veux mettre toute l’attention sur la voiture et la façon dont elle évolue dans le virage. Chaque spot raconte une histoire différente, il suffit de choisir laquelle mettre en avant.
6. Pensez-vous que l’imaginaire automobile change selon les générations ?
Je pense que oui. Chaque génération développe son propre imaginaire automobile. Les plus anciens ont grandi avec des voitures bruyantes, mécaniques, presque sauvages, alors que les générations plus jeunes voient l’automobile à travers la technologie, l’esthétique ou même les réseaux sociaux. Et forcément, cette évolution influence aussi la manière dont on photographie les voitures.
7. Y a-t-il une émotion plus difficile à transmettre à travers une image automobile ?
Le plus difficile, c’est de transmettre la tension ou l’intensité d’un moment. En sport auto, tout va très vite, et une seule image doit donner la sensation de vitesse, de pression, parfois même de risque. Ce sont des émotions complexes à capturer, car il faut trouver le bon angle et le bon timing pour que tout se ressente immédiatement.
8. De quelle manière préparez-vous un shooting ?
Je prépare selon ce que je vais shooter. Si je suis sur un circuit, j’analyse le tracé, les virages, les spots possibles et la lumière. Je construis aussi des moodboards pour visualiser les ambiances que je veux proposer. La préparation sert à savoir où je vais, mais je garde toujours une marge pour m’adapter.
9. Y a-t-il une part d’improvisation ?
Toujours. La lumière change, la météo change, un coucher de soleil peut totalement modifier mon plan. Parfois j’arrive sur un spot que j’avais prévu et la lumière n’est pas du tout celle que j’attendais, donc je change tout. En sport auto, il faut être réactif et savoir s’adapter en permanence.
10. Utilisez-vous des moodboards ou des références visuelles pour conceptualiser un shoot ?
Pas vraiment au sens strict. Sur un circuit, je sais déjà très bien où je vais et ce que je veux faire. J’ai des références en tête parce que je connais les spots, mais une grande partie de ma vision se construit directement sur place, avec ce que la lumière me donne.
11. Quelle importance accordez-vous au mouvement dans vos images ?
Le mouvement est essentiel. Les voitures ne sont jamais statiques, elles vivent, elles glissent, elles accélèrent. Le flou, les filés, le dynamisme dans l’image permettent de donner cette sensation de vitesse et de vie. Sans mouvement, une photo de sport auto perd une grande partie de son impact.
12. Quelle est l’étape que vous préférez dans la réalisation d’un shoot ?
J’adore deux moments. Le moment où je shoote, parce que je suis dans l’action, et celui où je retouche, parce que je peux donner la dernière touche à mon intention. Les deux se complètent parfaitement.
13. Un shoot automobile vous a-t-il particulièrement marqué ?
Oui. Quand Lando Norris a gagné à Monaco. Au moment où il saute dans les bras des mécanos, j’en ai un à ma gauche, un à ma droite, et sur la photo on a l’impression qu’il me prend dans ses bras. C’est un moment que je n’oublierai jamais.
14. Comment voyez-vous évoluer la photographie automobile avec l’arrivée des véhicules électriques et autonomes ?
Pour moi, ça ne change rien en termes de photographie. Le langage visuel reste le même. Ce qui change, c’est le contexte et l’ambiance sonore autour, mais l’approche photo en elle-même ne bouge pas vraiment.