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1. Imaginaire collectif

L'imaginaire collectif est l'ensemble des représentations, croyances, mythes et symboles partagés par une communauté ou une société. Il influence fortement leur vision du monde et leurs comportements culturels, agissant comme un ciment social qui façonne l'identité et la cohésion d'un groupe.

D'après Florence Giust-Desprairies, Imaginaire collectif, p. 197-199. ↑ Reprendre la lecture
2. La Caraïbe

Espace géopolitique centré sur la mer des Caraïbes. Archipel de contact et de métissage, lieu de rencontre conflictuelle entre Amérindiens, Européens, Africains et, plus tard, des communautés d'Asie et du Moyen-Orient.

D'après Oliwon Lakarayib, « Qu'est-ce que la Caraïbe ? » [Vidéo en ligne]. ↑ Reprendre la lecture
3. Carte Postale

Source primaire (âge d'or fin XIXe) et vecteur d'idéologies. Concernant la thématique de mon article, elle participe à l'exotisation de l'Ailleurs par une mise en scène stéréotypée et figée.

D'après Gilles Teulié, « Cartes postales, représentations de l’espace colonial et appropriations territoriales au début du XXe siècle ». ↑ Reprendre la lecture
4. Exotisme

Du grec exôtikos (« étranger »). Point de vue occidental désignant ce qui n'appartient pas à la civilisation de référence, souvent associé aux pays tropicaux.

Source : STASZAK, Jean-François. Qu'est-ce que l'exotisme ? Le Globe. Revue genevoise de géographie, 2008, vol. 148, p. 7-30. Fait partie d’un numéro thématique : L'exotisme. ↑ Reprendre la lecture
5. Contexte Art Colonial

Œuvres produites par des artistes occidentaux ou colonisés sous influence académique, dépeignant souvent les colonies avec un imaginaire orientaliste.

D'après Wuddy Makaïa, L’art numérique dans l’espace caribéen insulaire, Thèse, 2024. ↑ Reprendre la lecture
6. Média de masse

Ensemble des techniques et supports de diffusion massive de l'information (presse, radio, TV, cinéma...) visant un large public.

Source : Le Robert ↑ Reprendre la lecture
Analyse 1 : Stéréotypes iconographiques (Voir l'étude de cas )
7. Hétérotopie

L’hétérotopie est un lieu réel et localisable, un « contre-emplacements » physique. C’est une utopie réalisée où les espaces sociaux sont simultanément représentés, contestés et inversés, fonctionnant comme un miroir critique de la réalité.

D'après Michel Foucault, « Des espaces autres » [1967], dans Architecture, Mouvement, Continuité, n° 5, 1984, p. 46-49. ↑ Reprendre la lecture
8. Bayete Ross Smith

Artiste multimédia américain.

D'après Bayete Ross Smith, « Breaking down stereotypes using art and media », Conférence TEDxMidAtlantic, 2015. ↑ Reprendre la lecture
9. Endogène

Qui est produit par la structure elle-même, en dehors de tout apport extérieur. (Opposé à exogène).

Source : Le Larousse. ↑ Reprendre la lecture
10. Identité Rhizome

Concept d'Édouard Glissant. Image d'une identité non-centrée, non-hiérarchique et ouverte à la Relation.

D'après Wuddy Makaïa, L’art numérique dans l’espace caribéen insulaire, op. cit. ↑ Reprendre la lecture
11. Négritude

Mouvement littéraire et politique (Césaire, Senghor). Affirmation de l'identité noire et refus de l'assimilation culturelle.

D'après Sophie Gélinas, Routes et tracées de l'identité, Mémoire de maîtrise en science politique. ↑ Reprendre la lecture
12. Aliénation Visuelle

Expression de René Ménil dénonçant l'adoption par l'Antillais d'une « vision exotique » de lui-même.

D'après Patricia Donatien, L’art caribéen, le penser pour le dire, Éditions L’Harmattan, 2018. ↑ Reprendre la lecture
13. Blès

Terme créole (blessure/trace) réengagé par Patricia Donatien-Yssa. Esthétique reflétant la blessure historique de la colonisation.

D'après Patricia Donatien, L’art caribéen, le penser pour le dire, op. cit. ↑ Reprendre la lecture
Analyse 2 : Blossom de David Gumbs (Voir l'étude de cas ) Analyse 3 : Imaginary Scripts de Arthur Francietta (Voir l'étude de cas ) Analyse 4 : Anba tè adan kò, de Magalie Mobetie (Voir l'étude de cas )
14. Littéracie visuelle

Capacité à localiser, interpréter, évaluer, utiliser et créer efficacement l'image et les médias visuels.

MEYER, Jean-Paul. Pour une littéracie visuelle. Spirale - Revue de recherches en éducation, 2014, n°53, p. 133-144. ↑ Reprendre la lecture
Analyse 5 : L'identité visuelle de Friends for the Road (Voir l'étude de cas )

Abstract

Visual communication holds a significant influence on how territories and identities are perceived and transmitted. Historically, the Caribbean was fixed in the imagery of the postcard and the tourist paradise, creating a fracture between the region's complex reality and its stereotyped representation. This article defines the following problem: to what extent can graphic design be a vector for the (Re)construction of visual representations of the Caribbean ? It is crucial to address this issue to break free from colonial legacies and promote a plural identity. The primary objective is to demonstrate how graphic design serves as a tool for symbolic empowerment.

To address this question, the research combined a critical analysis of historical visual mechanisms with the transposition of foundational regional theories. The study explored the fields of digital arts, typography, and branding through specific case studies. Contact was established with contemporary creators, and their creative processes were examined to understand how they integrated concepts such as the Rhizome and the « Blès » into their work. This approach allowed for a deep investigation into the transition from a « pastiche » aesthetic to an endogenous one.

The results revealed that contemporary designers shatter the « postcard » aesthetic by substituting static clichés with dynamic, interactive production and syncretic writing systems. The findings demonstrated that the strategic use of raw textures and digital fragmentation acts as a visceral language for narrative repair, effectively transforming historical trauma into a resilient visual form. Consequently, graphic design provides a definitive response to the problem of Caribbean misrepresentation. It brings a new form of symbolic sovereignty, allowing local populations to reclaim their own narrative. This shift changes the role of the graphic designer into a mediator of cultural resilience.

Introduction

Le visuel joue un rôle fondamental dans la formation des perceptions culturelles. En tant que designers graphiques, nous participons à façonner l’imaginaire collectif1, et par là détenons un pouvoir significatif sur la manière dont les territoires et les identités sont perçus et transmis. Historiquement, la Caraïbe2 a été figée dans l’imagerie réductrice de la carte postale3 et du paradis touristique, instituant une fracture entre cette représentation stéréotypée (conçue pour l’Occident) et la réalité complexe des populations locales.

Face à ce constat, une nouvelle génération d’artistes caribéens revendique une souveraineté visuelle pour construire un nouveau récit nuancé. Dès lors, on peut se demander dans quelle mesure le design graphique peut être un vecteur de la (Re)construction des représentations visuelles de la Caraïbe ? L’enjeu est de s’affranchir de ces clichés et de promouvoir une identité plurielle et résiliente. Pour ce faire, nous analyserons d'abord les mécanismes visuels récurrents de l’effacement symbolique de la Caraïbe. Ensuite, nous verrons comment le design graphique est mobilisé comme un outil de réparation narrative à travers des initiatives contemporaines (art numérique, typographie, identités visuelles...).

I. L’imaginaire caribéen figé : diagnostic d’une esthétique stéréotypée.

L'esthétique de la carte postale

La représentation culturelle de la Caraïbe souffre d'une persistance de stéréotypes iconographiques qui véhiculent une vision idéalisée et simpliste de ces territoires. Ces clichés visuels, largement diffusés en Europe et au-delà, sont porteurs d’un imaginaire d’exotisme4 lointain et paradisiaque. Bien que ce phénomène s'étende historiquement au domaine de l’art5, cette analyse se concentre sur le rôle des médias de masse6 et la codification des campagnes de promotion dans le secteur du tourisme.

La publicité a puissamment contribué à la création de cet imaginaire d’évasion, véhiculant des représentations simplistes réduisant la complexité des cultures à des images de carte postale. L'étude de ces productions graphiques est d'autant plus pertinente que l’essor du tourisme de masse après 1945 coïncida avec l’instrumentalisation de la Caraïbe. Des compagnies aériennes (telles que KLM Affiche KLM ou Air France Affiche Air France ) faisaient réaliser ces supports graphiques dans le but premier de commercialiser la Caraïbe comme une destination tropicale. Le graphisme fut ainsi mobilisé pour un enjeu idéologique précis : projeter une vision idéalisée et aseptisée du lieu.

Cette stratégie visait à occulter les réalités sociopolitiques complexes de l’ère post-esclavagiste et coloniale. L’analyse de ces productions révèle une codification visuelle récurrente : une nature luxuriante, des plages simplifiées, des palmiers omniprésents, et des figures humaines souvent folklorisées à l’extrême ou sexualisées. Ces scènes touristiques offrent une approche superficielle du sujet caribéen, contribuant à une forme d’effacement symbolique de la diversité culturelle et historique au profit d’un unique cliché.

Médiation visuelle et effacement symbolique

Cette observation révèle que cette simplification visuelle a créé un imaginaire qui a imposé une vision hétérotopique7 de la Caraïbe, loin de sa complexité socioculturelle. Cette tendance à la simplification et à l’effacement symbolique des réalités locales s’inscrit dans un processus de médiation visuelle globale, où les représentations médiatiques jouent un rôle déterminant dans la définition identitaire.

La problématique soulevée s’inscrit dans la continuité des réflexions de Bayete Ross Smith8, cinéaste et artiste multimédia, qui observe : « Nous vivons à une époque où les médias définissent notre identité aux yeux de ceux qui ne nous connaissent pas personnellement ». Cette constatation met en lumière le pouvoir structurant des médias extérieurs qui tendent à standardiser le paysage et les communautés, consolidant ainsi le cliché visuel décrit précédemment. Toutefois, Ross Smith souligne une évolution majeure : à l’ère du numérique, les créateurs issus de ces territoires disposent désormais des outils nécessaires pour produire, diffuser et revendiquer leurs propres récits.

L’impact des médias sur l’imaginaire collectif est donc à double tranchant : d’une part, la médiation historique a consolidé l’effacement symbolique ; d’autre part, la médiation visuelle contemporaine ouvre la voie à une réappropriation narrative. Cette dynamique permet au design graphique d’opérer comme un médium de résistance visant à décoloniser ces imaginaires. En se réappropriant les outils, l’objectif est d’inspirer de nouvelles générations de créateurs et de renforcer l’identité plurielle, marquant le début d’une ère de souveraineté visuelle.

Transposer la pensée théorique pour refonder l’esthétique caribéenne

Face à l’urgence de décoloniser cet imaginaire, la construction d’une esthétique caribéenne autonome trouve ses fondations dans la pensée théorique régionale. Les travaux majeurs d’Aimé Césaire, Édouard Glissant, René Ménil et Patricia Donatien Yssa ont exposé des concepts fondamentaux pour le développement d’une théorie de la représentation visuelle endogène9. Ces penseurs ont édifié un discours qui se veut vrai et juste, au-delà des perceptions extérieures.

Premièrement, la refondation esthétique est guidée par l’approche de la Relation et du Rhizome10 formulée par Édouard Glissant. Ce concept rejette l’identité figée à « racine unique », et invite à une esthétique de la multiplicité et de l’interconnexion constante, à l’image de la mangrove. Ce modèle théorique justifie l’expérimentation formelle et la créolisation des signes dans le design. Deuxièmement, la démarche s’inscrit dans l’affirmation identitaire. Aimé Césaire, avec la Négritude11, exige une posture active de revalorisation culturelle face à l’oppression. En parallèle, René Ménil dénonce l’aliénation visuelle12, c’est-à-dire le fait que l’Antillais adopte de lui-même une « vision exotique » et succombe à la facilité de la « perception enbananée ». L’enjeu graphique devient ainsi un acte politique, visant à une littéracie visuelle qui met fin à l’exotisme de soi.

Enfin, la création graphique est perçue comme un processus de réparation. Patricia Donatien parle de la transmutation du trauma, ou de la Blès13 (blessure), en énergie créatrice. Ces notions font de l’art graphique, loin d’être ornemental, un outil de libération et une matrice de souveraineté culturelle capable de rendre visibles les histoires non-dites.

L’analyse d’une esthétique stéréotypée et l’ancrage dans les concepts comme l’Identité Rhizome et la Blès ont révélé l’urgence de la décolonisation des imaginaires. La question est maintenant de savoir comment ces concepts théoriques se traduisent en formes concrètes. Nous allons analyser la manière dont les designers et artistes contemporains investissent le champ graphique afin de forger un véritable contre-discours visuel et recomposer l’identité plurielle de la Caraïbe.

II. De la réparation formelle à la recomposition identitaire et relationnelle.

L’émergence d’une scène graphique caribéenne contemporaine

L'émergence d'une scène graphique caribéenne contemporaine s'inscrit dans la reconnaissance d'une Caraïbe rhizomique et culturellement proliférante, cherchant une autonomie de la représentation. Cette nouvelle génération de créateurs s'engage à constituer une archive visuelle alternative en transposant l'héritage par la technologie et l'usage de symbole fondamentaux de l'identité locale, agissant ainsi comme un contre-pouvoir narratif. L’artiste David Gumbs illustre l’intégration des nouvelles technologies dans la documentation vivante de la mémoire collective, concrétisant la pensée archipélique d’Édouard Glissant. À travers l’art numérique interactif, comme son installation Blossom , il utilise des capteurs pour permettre au public de co-créer le récit visuel, souvent ancré dans des symboles régionaux tels que la conque de lambi. L’enjeu formel n’est plus la représentation statique, mais la Relation : l’œuvre dépend du geste de l’individu pour s’épanouir, faisant du design un processus dynamique de transmission plutôt qu’un produit fini.

En parallèle, la typographie offre un terrain privilégié pour la réappropriation du discours visuel. Face au centrage occidental de sa formation, Arthur Francietta mène un travail sur les systèmes d’écriture des Caraïbes. Son approche consiste à opérer un détournement de l’alphabet latin en y intégrant les systèmes graphiques propres aux héritages afro-caribéens (vévés haïtiens, pétroglyphes amérindiens, motifs Taïnos). En donnant une forme visuelle aux mythes locaux, Francietta créolise la lettre occidentale, offrant une base formelle puissante pour l’expression d’une identité plurielle et pleinement assumée, ancrant ainsi le concept de Rhizome au cœur même du signe graphique.

Au service d'un récit complexe et nuancé

L’affranchissement des clichés visuels passe par des stratégies de rupture qui embrassent la complexité du réel caribéen, notamment ses zones d’ombre. Le design graphique devient alors un vecteur de questionnement, utilisant le détournement et l’investissement du réel complexe pour élaborer des narrations alternatives. Il s’agit de s’éloigner d’une simple esthétique de surface pour engager une conversation profonde avec l’histoire, matérialisant la Blès (transmutation du trauma) en énergie créatrice.

Le travail de Magalie Mobetie est un exemple ciblé de cette démarche. À travers son installation Anba tè, adan kò (Sous terre, dans le corps), elle cherche la lisibilité d’une histoire fragmentée. L’œuvre s’articule autour de l’exploration des non-dits familiaux et historiques qui pèsent sur la conscience collective. Mobetie utilise des outils numériques émergents (réalité augmentée, mapping) en les liant à des objets matériels, dont l’arbre, un support physique essentiel. Cette interdépendance crée un fort signal culturel et affirme la nécessité d’une approche holistique pour aborder l’identité morcelée. Elle insiste sur le rôle du public, l’invitant à devenir acteur de l’expérience, responsable de la construction de son propre récit. Mobetie pratique ainsi une forme de littéracie visuelle14 qui ne simplifie pas le passé, mais utilise la technologie pour rendre le récit complexe visible, nuancé, et propice à la transmission culturelle. Son approche démontre que la complexité formelle est une condition nécessaire à l’authenticité de la représentation caribéenne et permet une décolonisation des imaginaires en profondeur.

Un outil de transmission culturelle et de documentation vivante

La maîtrise de l’image par le design graphique culmine dans l’utilisation de nouveaux supports, permettant la transmission culturelle et la documentation vivante des enjeux locaux. En reprenant le contrôle de la représentation, les designers caribéens transforment le graphisme en un outil d’affirmation identitaire endogène. Le roman graphique collaboratif Sargassum, Story of a Brown Tide est un exemple pertinent. Ce projet donne la parole aux populations locales pour créer un récit documentaire sur les enjeux environnementaux et sociaux. Il utilise la narration visuelle pour éduquer et alerter sur le fléau des algues sargasses, démontrant que le design graphique peut devenir un outil de documentation essentiel. Ce type de production engage le design graphique dans la sphère du réel complexe et rompt avec l’aliénation visuelle critiquée par René Ménil.

L’identité graphique de Friends for the Road , née de la collaboration entre l’artiste Che Lovelace et la designer Tanya Marie, utilise le graphisme pour valoriser les traditions caribéennes. Le logo, dynamique et en aplat, utilise une typographie brute et une silhouette de groupe unie, symbolisant l’héritage du J’ouvert (le départ du Carnaval), faisant ainsi référence à la culture endogène et au mouvement collectif. Le choix de conserver l’aspect artisanal du logo, en harmonie avec les peintures de carnaval de Lovelace, et l’utilisation d’une palette de couleurs vives et éclatantes, confèrent à l’ensemble une présentation visuelle urbaine et moderne, résonnant avec l’acte de revalorisation culturelle prôné par la Négritude. À travers ces initiatives, le design graphique assure le passage d’une identité subie à une identité narrée et assumée.

Conclusion

Cet article a tracé un chemin allant du diagnostic critique d’une esthétique stéréotypée à la reconnaissance des stratégies de réparation formelle et de reconstruction visuelle. La première partie a déconstruit une vision idéalisée, mettant en évidence l’urgence d’une maîtrise de l’image ancrée dans la pensée théorique. La seconde partie a mis en lumière l’émergence d’une scène graphique contemporaine capable de porter un récit résilient, en utilisant le design comme vecteur de narration vivante et d’expression culturelle.

En réponse à notre problématique, le design graphique apparaît comme un levier pour l’acquisition d’une souveraineté symbolique et l’amorce d’une transformation culturelle profonde. Bien plus qu’un outil de communication, il se révèle une pratique fondamentale qui nourrit une véritable esthétique relationnelle, décentrée et résiliente, matérialisant la pensée rhizomique. Les enjeux futurs résident dans la pérennisation de ce mouvement de décentrement et sa diffusion internationale, au-delà des seules diasporas. Il sera essentiel d’évaluer la manière dont cette nouvelle approche renouvelée pourra influencer de nouveaux champs d’application. Tels sont les nouveaux défis qui permettront de garantir que le design demeure une matrice active pour l’identité plurielle de la Caraïbe.