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Hep Hep Hep !

Comme les films, mon article est fait pour être regardé sur grand écran.

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[Étude de cas]

Catch me
if you can

Afin d'afiner mon propos sur les choix graphiques et limites du motion designer dans ces explorations graphiques, j'ai décidé d'expliquer en détail la force du générique d'ouverture de catch me if you can.

De l'audio est présente sur cette page pour une lecture encore plus immersive dans le générique.

Lire l'étude

Introduction

Le couple d’artistes et réalisateurs graphiques Olivier Kuntzel et Florence Deygas, qui collaborent depuis 1990, occupe une place singulière dans le paysage visuel contemporain. Leur univers repose sur un bestiaire stylisé, des silhouettes élancées, des tracés souples et vibrants, ainsi qu’un goût marqué pour le noir et blanc. Leur travail couvre un large spectre : création pour la publicité de prestige (notamment, la célèbre « petite robe noire » de Guerlain), design d’objets pour la mode et le luxe, ou encore illustrations et couvertures de livres.

Au fil des années, ils ont développé une signature graphique, immédiatement reconnaissable, fondée sur un dessin artisanal, une économie de moyens et une sensibilité épurée. Parmi l’ensemble de leurs réalisations, l’un des projets les plus emblématiques reste le générique d’ouverture du film Catch Me If You Can (2002) de Steven Spielberg, devenu une référence tant pour son inventivité visuelle que pour sa cohérence avec le récit.

Synopsis du Film

Le film Catch me if you can, sorti le 25 décembre 2002 aux états-unis, et le 12 février 2003 en france, est sorti au cinéma un film dont le générique a marqué les esprits. D’une durée de 2 h 21, le film nous plonge en 1969 dans une prison de marseille où l'on retrouve Frank Abagnale Jr, enfermé pour usurpation d’identité. De ce fait, le film nous replonge six ans en arrière, pour découvrir les origines de Frank et ce qu’il l’a conduit à devenir le plus grand escroc pour s’enrichir. Pendant cette découverte d’usurpation d’identité ou d'espionnage. Frank est poursuivi par un agent et se fait arrêter.

Le lien narratif avec le générique

Le générique répond à cette immersion, avec cette poursuite de l’agent face à Frank que l’on retrouve en changeant d’identité et de métier. Un procédé notable est l’usage du hors-cadre : les personnages sortent littéralement des bordures du générique (fig 1), comme si Frank tentait d’échapper à l’écran lui-même. Ce choix renforce visuellement l’idée d’une fuite continue, d’un personnage insaisissable, glissant entre les lignes, une métaphore graphique parfaitement cohérente avec la narration du film. La typographie tant qu'à elle, structure le générique en dessinant, prolongeant des lettres pour interagir avec le plan et l’espace. Cela fortifie la sensation de labyrinthe et désoriente le passage, que Frank utilise à son avantage pour apparaître ou disparaître au gré de leur course-poursuite (fig 2).

Une Signature Visuelle

Assisté par Olivier Marquézy pour la typographie, le générique mobilise l’ensemble des marqueurs graphiques emblématiques du duo Kuntzel–Deygas comme un jeu d'encre, de découpe et de tampons, le tout pour construire des silhouettes anonymes (fig 3). Cette série de personnages reprend comme tout les autres projets de kuntzel : du noir et blanc, des lignes mouvantes et anguleuses que l’on arrive à identifier à travers ces personnages. Coupes de cheveux, vêtements et postures typiques des années soixante, la musique de John Williams contribue bien à cette ambiance d'espionnage. Toutefois, il est important de remarquer que l’animation conserve une apparente simplicité, presque bricolée, qui s’oppose volontairement à la froideur technologique. En effet, lors d’un entretien, le couple affirme que :

« Bien que Spielberg ait largement utilisé les technologies modernes ces derniers temps, nous avons compris que la haute technologie ne convenait pas à ce film. Derrière son style puissant et sa technique incroyable, nous savions qu'il nous fallait le surprendre en nous orientant vers une approche qui restitue la dimension artistique du travail. Ce qui importait, ce n'était pas notre savoir-faire, mais l'émotion que nous pouvions transmettre à travers une chose simple. »

Art of the title, Entretien avec Florence Deygas et Olivier Kuntzel